Site web de restaurant : ce qu’il doit avoir pour remplir la salle
Site web de restaurant : menu lisible sur téléphone, réservation en deux gestes, horaires, photos, vitesse et fiche Google. La liste complète et les pièges.
Un site web de restaurant n’a qu’un travail : transformer une personne qui hésite en une personne qui réserve, ou qui pousse la porte. Cette personne est presque toujours sur son téléphone et vous donne quelques secondes. Elle veut savoir ce que vous servez, à quel prix, et si elle peut venir ce soir. Tout ce qui retarde ces trois réponses coûte des couverts. Voici ce que le site doit avoir, dans l’ordre d’importance, et ce qu’il peut laisser de côté.
Le menu : la page la plus lue, et la plus souvent ratée
Le menu doit être une vraie page du site, écrite en texte, lisible sur un téléphone sans zoom, avec les prix et la date de la dernière mise à jour. Pas un PDF, pas une photo de l’ardoise.
Le PDF est le piège classique. Il s’ouvre lentement, oblige à pincer l’écran pour lire, et il se périme vite parce que le modifier demande de retrouver le fichier d’origine. Une page texte se lit d’un pouce, et Google comme les assistants IA peuvent en comprendre chaque plat quand quelqu’un cherche « un restaurant avec un plat végétarien près de Bastille ».
Ce que la page menu doit contenir :
- Les plats par section (entrées, plats, desserts, boissons), avec le prix à côté de chaque ligne.
- Les mentions que la loi vous impose déjà sur place. La fiche pratique de la DGCCRF (direction de la répression des fraudes, sur economie.gouv.fr) rappelle que la carte ou le menu du jour doit être affiché à l’extérieur pendant le service, au moins à partir de 11 h 30 le midi et 18 h le soir, et que les menus à l’intérieur doivent être identiques. Le site n’a aucune raison de dire autre chose que la vitrine.
- Les allergènes. Depuis le 1er juillet 2015, le décret n° 2015-447 oblige les restaurants à informer par écrit le consommateur de la présence des allergènes dans les plats. L’obligation porte sur l’information sur place, mais la mettre aussi en ligne évite dix appels par semaine et rassure les familles avant de venir.
- Une mention claire quand la carte change souvent : « carte du marché, renouvelée chaque semaine, dernière mise à jour le 14 octobre ».
Notre avis : un restaurant qui change sa carte tous les jours ne doit pas s’imposer une page figée. Il lui faut un outil où le chef tape les plats du jour en deux minutes depuis son téléphone, et la page se met à jour seule. C’est un petit développement, et c’est celui qui rapporte le plus.
Réserver en deux gestes
Le bouton « Réserver » doit être visible sans faire défiler la page, sur toutes les pages, et mener à un module qui demande seulement la date, l’heure, le nombre de personnes et un numéro de téléphone. Deux gestes, pas un formulaire de contact.
- Vous utilisez déjà un service de réservation (un module tiers avec plan de salle). Le site doit l’intégrer dans la page, pas renvoyer vers un autre site où le client doit chercher votre nom une deuxième fois.
- Vous prenez les réservations par téléphone. Le numéro doit être cliquable (un lien
tel:) pour que l’appel parte en une touche. Et il faut dire à quelle heure on peut vous joindre : un restaurant ne répond pas pendant le service, c’est normal, mais le client doit le savoir. - Vous perdez des appels pendant le coup de feu. Un bouton WhatsApp ou un agent téléphonique qui prend la réservation à votre place règle ce problème. Nous en parlons dans notre guide sur l’agent vocal IA pour les PME : le principe est le même pour un restaurant que pour un cabinet.
Ajoutez une page « Groupes et privatisation » si vous le faites : capacité, menu de groupe, acompte, délai. Elle évite cinq allers-retours par e-mail pour chaque demande.
Les informations pratiques, justes partout
Horaires, jours de fermeture, adresse, accès et fermetures exceptionnelles doivent être exacts sur le site et identiques à ce que dit votre fiche Google. Une erreur ici fait venir des gens devant une porte fermée, et ils le racontent dans un avis.
La liste à tenir :
- Horaires par jour, avec le dernier service (« dernière commande à 22 h »).
- Fermetures exceptionnelles et congés, annoncés à l’avance et retirés une fois passés.
- Adresse complète, station la plus proche, parking, accès poussette et fauteuil roulant.
- Moyens de paiement, tickets restaurant, terrasse, animaux, enfants.
- Un plan cliquable qui ouvre l’application de cartes du téléphone.
Un exemple générique : un bistrot ferme le dimanche soir, mais son site dit « ouvert 7 jours sur 7 » depuis trois ans. Chaque dimanche, des gens se déplacent pour rien. Ce détail se voit en cinq minutes dans un audit et se corrige en une.
Mobile d’abord, et vite
Le site doit être conçu pour un téléphone d’abord, puis adapté à l’ordinateur, et il doit se charger vite en 4G. Google lui-même lit votre site avec un robot qui simule un téléphone : Google Search Central a annoncé en octobre 2023 que l’indexation « mobile first » était terminée pour l’ensemble du web. Ce que votre site cache sur téléphone, Google risque de ne pas le voir.
Pour la vitesse, Google publie des seuils précis, les Core Web Vitals (trois mesures de l’expérience de chargement). Selon web.dev, une page est jugée bonne quand son plus gros élément s’affiche en 2,5 secondes au plus, quand elle répond à un geste en 200 millisecondes au plus, et quand son contenu ne saute pas pendant le chargement (décalage cumulé de 0,1 au plus). Nous expliquons ces trois mesures dans notre article sur les Core Web Vitals.
Ce qui ralentit un site de restaurant, dans l’ordre où nous le voyons : des photos de plats mises en ligne à la taille de l’appareil photo (il faut les redimensionner et les servir en WebP ou AVIF), une vidéo de fond qui se charge avant le menu, trois ou quatre scripts tiers (réservation, avis, carte, traceur) chargés en même temps, et des polices décoratives venues de plusieurs serveurs.
Notre avis : une belle photo bien compressée fait plus pour l’envie qu’une vidéo qui bloque la page pendant quatre secondes.
Les photos et la marque : montrer la salle, pas un stock
Les photos doivent montrer votre salle, vos plats et votre équipe, à la lumière réelle, avec une dizaine d’images récentes. Pas de banque d’images : le visiteur la reconnaît, et elle ne lui dit rien sur l’endroit où il va passer sa soirée.
Les trois photos qui comptent le plus : la salle à l’heure où elle est presque pleine, deux ou trois plats signature de près, et la façade pour qu’on vous reconnaisse dans la rue.
Côté texte, une page « À propos » courte suffit : qui cuisine, depuis quand, d’où viennent les produits si c’est votre argument. Écrivez-la comme vous le diriez à table.
Le site et la fiche Google se confirment l’un l’autre
Pour un restaurant, la fiche Google Business Profile est souvent vue avant le site. Les deux doivent dire la même chose : nom, adresse, téléphone, horaires, et le lien vers le menu. Google propose aux établissements de la catégorie « Alimentation et boissons » d’ajouter un lien vers le menu dans la fiche, ou de saisir les plats et leurs prix dans un éditeur de menu ; d’après l’aide Google, les changements peuvent mettre 24 à 48 heures à apparaître.
Le lien du menu dans la fiche doit pointer vers la page texte de votre site, pas vers un PDF ni vers un site tiers. Chaque personne qui le suit arrive alors chez vous, où le bouton « Réserver » l’attend.
Sur le site, ajoutez des données structurées (un bloc de code invisible qui décrit l’établissement pour les moteurs) au format décrit par Google Search Central pour les commerces locaux : type Restaurant, adresse, horaires, type de cuisine, lien vers le menu, réservations acceptées ou non. Une heure de travail pour un développeur, et le moyen le plus fiable de donner à Google et aux assistants IA des faits exacts.
Le reste de la fiche (catégorie, photos, avis et réponses aux avis) relève du SEO local. Notre guide de la fiche Google Business Profile détaille comment Google classe les commerces de proximité et comment remplir la fiche sans tricher.
Ce qu’il faut garder, et ce qu’il faut laisser
| À garder | À laisser de côté |
|---|---|
| Menu en texte, avec prix et allergènes | Menu en PDF ou en photo |
| Bouton Réserver visible sur chaque page | Formulaire de contact générique |
| Numéro cliquable et heures où l’on répond | Fenêtre pop-up à l’arrivée |
| Horaires détaillés et fermetures à venir | Vidéo de fond en page d’accueil |
| Dix photos récentes de chez vous | Images de banque |
| Données structurées et fiche Google cohérente | Page « Actualités » jamais mise à jour |
Un site de restaurant n’a pas besoin de dix pages. Accueil, menu, réserver, infos pratiques, groupes, à propos : c’est souvent tout. Son prix dépend surtout de la réservation et de la gestion du menu, comme nous l’expliquons dans ce qui fait varier le prix d’un site professionnel. Si vous avez déjà un site, notre analyse gratuite mesure en quelques minutes sa vitesse sur téléphone, ses données structurées et ses bases SEO.
Questions fréquentes
Un restaurant a-t-il vraiment besoin d’un site, avec une fiche Google et Instagram ?
Oui, parce que la fiche et le réseau social appartiennent à d’autres, qui en changent les règles quand ils veulent. Le site est le seul endroit où vous décidez de ce que le client voit, où le bouton de réservation est à vous, et où le menu est complet. La fiche et Instagram doivent y renvoyer, pas le remplacer.
Faut-il afficher les prix sur le site ?
Oui. Vous devez déjà les afficher dehors et dedans, selon la fiche de la DGCCRF ; les cacher en ligne n’apporte rien et fait fuir les gens qui comparent avant de choisir. Un menu sans prix est lu comme un menu cher.
Peut-on faire le site soi-même avec un outil en ligne ?
Pour une carte fixe et une réservation par téléphone, un bon outil en ligne suffit si vous respectez les points de cet article. Passez par un studio quand le menu change souvent, quand la réservation doit parler à votre plan de salle, ou quand vous perdez des appels pendant le service.