Recherche de mots-clés SEO : la méthode simple pour une TPE ou PME
Recherche de mots clés SEO pour une TPE ou PME : la méthode en 5 étapes, les outils gratuits de Google, et comment garder 10 à 20 expressions utiles.
La recherche de mots-clés SEO consiste à trouver les expressions que vos futurs clients tapent dans Google (ou demandent à une IA), puis à décider lesquelles votre site doit viser. Pour une TPE ou une PME, une liste de 10 à 20 expressions bien choisies suffit à organiser un site vitrine entier. Le problème que nous voyons le plus souvent n’est pas le manque d’outils : c’est le choix de mots que l’entreprise emploie en interne, mais que personne ne cherche. Voici la méthode que nous suivons à l’agence Resolve (Re:solve), avec des outils gratuits et un ordre précis.
Qu’est-ce qu’un mot-clé, et pourquoi le choisir avant d’écrire
Un mot-clé est l’expression exacte qu’une personne tape dans un moteur de recherche. Le choisir avant d’écrire une page sert à une chose simple : parler le langage du client, pas celui du métier. Un ostéopathe pense « thérapie manuelle », son patient tape « mal de dos ostéopathe ».
Le guide SEO pour débutants de Google Search Central dit la même chose : « Pensez aux mots qu’un internaute pourrait rechercher pour trouver une partie de votre contenu. Les internautes avertis sur le sujet de votre site peuvent utiliser des mots clés différents. » Le même guide précise que les systèmes de Google « peuvent comprendre comment votre page correspond à de nombreuses requêtes » : inutile de caser toutes les variantes. Il faut en revanche une expression principale par page, écrite naturellement là où ça compte : le titre, le H1, les premiers mots. Et oubliez la vieille balise meta keywords : Google indique que la Recherche « n’utilise pas la balise Meta pour les mots clés ».
Étape 1 : écrire la liste brute en partant de vos clients
La première étape prend une heure et ne demande aucun outil : listez ce que vos clients vous demandent, avec leurs mots. Reprenez les e-mails de demande de devis, les messages WhatsApp, les questions posées au téléphone, les avis Google reçus. Notez les expressions telles qu’elles sont écrites, fautes comprises, puis classez-les en trois familles :
- Ce que vous vendez : « création site internet », « plombier chauffagiste », « cours de yoga débutant ».
- Les problèmes qui mènent à vous : « chaudière qui fait du bruit », « site lent », « mal de dos au bureau ».
- Les questions avant l’achat : « combien coûte », « comment choisir », « est-ce obligatoire ».
Un restaurant à Bordeaux obtiendra par exemple « restaurant terrasse bordeaux », « où manger un dimanche soir à bordeaux », « réserver une table pour 12 ». Pas de tri à ce stade : on cherche le volume d’idées.
Étape 2 : élargir avec les outils gratuits de Google
Les outils gratuits de Google suffisent pour transformer vingt idées en cent, puis mesurer lesquelles comptent.
La saisie semi-automatique et les suggestions de la page de résultats
Tapez chaque expression dans Google et lisez ce qu’il propose avant que vous ayez fini. Selon l’aide de Google, ces prédictions « reflètent des recherches réelles effectuées sur Google », en tenant compte de la langue, de la provenance géographique et des tendances. C’est donc une liste de vraies formulations, gratuite et locale. Notez aussi les blocs « Autres questions posées » et « Recherches associées » en bas de page : ils donnent souvent les titres de vos futures sections.
La Search Console
Si votre site existe déjà, la Search Console est l’outil le plus précieux : elle montre les requêtes sur lesquelles vous apparaissez déjà. Son rapport sur les performances regroupe les données « en fonction de la requête de recherche saisie par les utilisateurs », avec les impressions (« nombre de fois où votre site est apparu dans les résultats »), les clics et la position moyenne. Cherchez les requêtes avec beaucoup d’impressions, peu de clics et une position entre 8 et 20 : une page mieux ciblée peut les faire monter. Pour l’installer, voyez notre guide de la Search Console pour débutants.
Google Trends
Google Trends ne donne pas de volumes, mais il compare deux formulations et montre la saisonnalité. Sa documentation précise que les chiffres sont « classés sur une échelle de 0 à 100, selon la proportion d’un sujet par rapport à toutes les recherches ». Il sert à trancher entre « avocat droit du travail » et « avocat licenciement », ou à voir qu’un paysagiste est cherché surtout au printemps. Pas à estimer un trafic.
Le Planificateur de mots clés
Le Planificateur de mots clés de Google Ads donne, selon l’aide de Google, « une estimation du nombre de recherches effectuées chaque mois avec un certain mot clé », en moyenne sur douze mois. Il faut un compte Google Ads avec des informations de facturation, même sans dépenser. Google précise que ces statistiques « sont arrondies », et sans annonces en cours vous verrez souvent de larges fourchettes (de 100 à 1 000, par exemple). La colonne « Concurrence » compte les annonceurs, pas la difficulté en référencement naturel. Il sert à classer vos expressions par ordre de grandeur, rien de plus.
Étape 3 : lire l’intention derrière chaque expression
Un mot-clé ne vaut que par ce que la personne veut faire en le tapant. Avant de garder une expression, faites la recherche vous-même et regardez les résultats : Google montre ce qu’il pense que les gens attendent. Quatre intentions reviennent.
| Intention | Exemple | Page qui y répond |
|---|---|---|
| Trouver un prestataire | « électricien Nantes urgence » | Page de service, fiche Google Business Profile |
| Comparer, décider | « webflow ou wordpress » | Guide comparatif, page conseil |
| Comprendre | « c’est quoi le GEO » | Article de blog |
| Agir tout de suite | « réserver table restaurant Lille » | Page de réservation |
Si la page de résultats est pleine de fiches locales et d’une carte, votre fiche d’établissement joue autant que votre site : voyez notre guide du SEO local et de la fiche Google Business Profile. Si elle n’affiche que des articles de blog, une page de vente n’y a pas sa place.
Étape 4 : trier pour ne garder que 10 à 20 expressions
Pour une petite structure, la règle de tri est simple : préférez l’expression précise que vous pouvez gagner à l’expression large que vous ne gagnerez pas. « Avocat » n’a aucun sens pour un cabinet de trois personnes. « Avocat droit des successions Rennes » en a. Ces expressions longues forment la longue traîne : moins de recherches chacune, mais une intention nette et peu de concurrence. Additionnées, elles font l’essentiel des visites utiles d’un petit site.
Pour chaque expression, posez trois questions :
- Est-ce ce que je vends vraiment ? Des visiteurs qui cherchent autre chose ne rapportent rien.
- Puis-je y consacrer une page entière ? Sinon, c’est une variante à placer dans une page voisine.
- Qui est déjà en face ? Si la première page ne compte que des sites nationaux à gros moyens, cherchez l’angle local ou plus précis.
Notre avis : une PME qui travaille bien dix expressions obtient plus qu’une PME qui en effleure cent. Chaque mot-clé retenu devient une page, avec un titre clair, un texte qui répond vraiment, et des liens depuis les pages voisines. C’est le rôle du maillage interne : montrer à Google quelle page porte quel sujet.
Étape 5 : attribuer un mot-clé par page et vérifier dans six mois
La dernière étape est un simple tableau : une ligne par page du site, le mot-clé principal, deux ou trois variantes, l’intention. Deux pages ne doivent jamais viser la même expression, sinon elles se gênent et Google en choisit une au hasard. Si vous avez déjà deux pages proches, fusionnez-les.
Tous les six mois, rouvrez la Search Console, comparez les requêtes réelles à votre liste, et ajoutez celles que vous n’aviez pas prévues : ce sont souvent les meilleures, parce qu’elles viennent du terrain. Pour un point de départ rapide, notre analyse gratuite relève les titres et descriptions de vos pages et indique quelles expressions elles visent, ou ne visent pas.
Et pour les réponses des IA, faut-il changer de méthode ?
Non, la méthode reste la même, mais les formulations s’allongent. Dans ChatGPT, Perplexity ou les aperçus IA de Google, les gens posent des questions complètes : « quel comptable pour une SASU à Toulouse qui fait aussi la paie ». Les questions de vos clients deviennent donc encore plus précieuses : reprenez-les telles quelles en sous-titres, et répondez en deux phrases juste dessous. Nous détaillons cette façon de faire dans notre guide sur comment être cité par les IA.
Questions fréquentes
Combien de mots-clés faut-il viser pour un site vitrine ?
Entre 10 et 20 expressions principales pour un site de 5 à 15 pages, soit un mot-clé par page, avec quelques variantes autour de chacun. Au-delà, vous diluez votre effort et vous créez des pages trop fines pour être utiles.
Les outils payants sont-ils indispensables ?
Non, pas pour une TPE ou une PME qui démarre. Les outils gratuits de Google couvrent la découverte et le tri. Les outils payants apportent des volumes plus fins et l’analyse des concurrents, utiles une fois le site en place.
Faut-il répéter le mot-clé plusieurs fois dans la page ?
Non. Il apparaît là où il compte (titre, H1, introduction, une ou deux fois dans le texte), puis vous écrivez pour le lecteur. Google indique que « répéter trop souvent les mêmes mots (même dans des variantes) est pénible pour les utilisateurs, et l’accumulation de mots clés va à l’encontre des règles Google ».