Refonte et SEO : redirections 301 pour ne pas perdre son trafic
Redirection 301 et refonte SEO : la méthode pour changer d’URL sans perdre son trafic Google, avec le plan de correspondance et les pièges à éviter.
Une refonte change presque toujours les adresses des pages : nouvelle structure, nouveaux noms, parfois un nouveau domaine. Chaque adresse qui disparaît sans remplaçant est une page que Google avait classée et qu’il ne trouve plus. C’est la première cause de perte de trafic après une refonte, et la plus facile à éviter. La redirection 301 (une réponse du serveur qui dit « cette page a déménagé pour de bon, voici sa nouvelle adresse ») transmet l’historique de l’ancienne page à la nouvelle. Voici comment la préparer, la poser et la vérifier.
Pourquoi une refonte fait perdre du trafic
Une refonte fait perdre du trafic quand les adresses que Google avait en mémoire répondent par une erreur. Le design n’y est pour rien : c’est la carte des adresses qui a changé sans prévenir.
Prenons un cabinet de kinésithérapie dont l’ancien site avait une page /prestations/kine-du-sport.html. Le nouveau site range la même prestation sous /soins/kinesitherapie-du-sport/. Si l’ancienne adresse renvoie une erreur 404 (page introuvable), Google retire la page de son index : selon Google Search Central, les adresses déjà indexées qui renvoient un code 4xx sont supprimées. Les positions gagnées en trois ans sur « kiné du sport » plus le nom de la ville partent avec elle. Multipliez cela par le nombre de pages, et vous obtenez la baisse brutale que beaucoup d’entreprises découvrent un mois après la refonte. Le bon moment pour y penser est la phase de cahier des charges, comme nous l’expliquons dans notre guide de la refonte de site web.
Ce que fait exactement une redirection 301
Une redirection 301 est une réponse du serveur qui envoie le visiteur, et le robot de Google, vers une nouvelle adresse, en précisant que le changement est permanent. Google Search Central indique que Googlebot suit la redirection et que le système d’indexation l’utilise comme signal pour faire de la page de destination la version canonique, c’est-à-dire la page de référence à classer.
C’est la différence avec une redirection 302 ou 307, dites temporaires : Google les suit aussi, mais ne s’en sert pas pour changer de page de référence. Le code 308 est l’équivalent moderne du 301 et Google le traite de la même façon.
Deux autres méthodes existent, à éviter pour une refonte. La balise « meta refresh » dans la page : Google la traite comme permanente seulement si le délai est à zéro seconde. La redirection en JavaScript : Google prévient qu’il peut ne jamais la voir, car l’exécution du script peut échouer.
Notre avis : la redirection se règle côté serveur, dans la configuration de l’hébergement ou du CMS, jamais « dans la page ».
Préparer le plan de redirection avant la mise en ligne
Le plan de redirection est un tableau à deux colonnes : chaque ancienne adresse à gauche, l’adresse qui la remplace à droite. Il se construit avant la mise en ligne, pas après la première baisse de trafic.
Lister toutes les anciennes adresses
Google conseille de partir de trois sources : le plan du site (sitemap) de l’ancien site, les journaux du serveur et les statistiques de fréquentation. Le sitemap donne les pages prévues, les statistiques donnent celles qui reçoivent des visites, et les journaux révèlent les adresses que Google ou d’autres sites appellent encore : un vieux PDF de tarifs, une page de promotion oubliée, une image partagée sur un forum. Une colonne « importance » (visites, liens venant d’autres sites) dit où concentrer l’attention si le temps manque.
Choisir la bonne destination pour chaque page
Chaque ancienne page va vers la page du nouveau site qui traite du même sujet. Pas vers la catégorie parente, pas vers l’accueil.
Google est explicite : il ne faut pas rediriger beaucoup d’anciennes adresses vers une seule page sans rapport, comme la page d’accueil. Il peut alors traiter la redirection comme une « soft 404 », une page introuvable qui se fait passer pour une page valide, et le signal ne se transmet pas. Les cas les plus courants :
| Situation sur l’ancien site | Que faire |
|---|---|
| La page existe sur le nouveau site, à une autre adresse | 301 vers la nouvelle adresse, une pour une |
| Deux anciennes pages ont été fusionnées | 301 des deux vers la page fusionnée |
| Une page a été supprimée mais un sujet proche existe | 301 vers la page la plus proche, si elle répond au même besoin |
| Une page a été supprimée sans équivalent | Laisser une erreur 404 ou 410 propre, avec une page d’erreur utile |
| Le domaine change | 301 de chaque adresse vers la même adresse sur le nouveau domaine, puis outil de changement d’adresse |
Un restaurant qui retire son menu de Noël de l’an dernier n’a pas besoin d’une redirection. En revanche, sa page « privatisation » qui devient « événements et groupes » mérite une 301.
Les pièges techniques qui annulent le travail
Deux erreurs reviennent sur presque toutes les refontes que nous auditons : les chaînes de redirections et les liens internes qui pointent encore vers les vieilles adresses.
Les chaînes de redirections
Une chaîne, c’est A qui redirige vers B, qui redirige vers C. Cela arrive quand une refonte se pose par-dessus les redirections d’une refonte précédente. Google Search Central précise que ses robots suivent jusqu’à dix sauts par défaut. Au-delà, la page finale n’est pas atteinte. Même sous ce plafond, chaque saut ralentit le visiteur. La règle : chaque ancienne adresse redirige directement vers sa destination finale. Mettez à jour le fichier de redirections existant plutôt que d’en empiler un second.
Les liens internes non mis à jour
Une redirection rattrape une erreur, elle ne remplace pas un lien propre. Après la mise en ligne, le menu, le pied de page, les articles et les boutons doivent pointer vers les nouvelles adresses. Un outil d’exploration de site (Screaming Frog, par exemple) liste les liens internes qui passent par une 301. Notre guide sur le maillage interne explique comment organiser ces liens pour qu’ils servent aussi le classement.
Changer de domaine : l’étape en plus
Quand le nom de domaine change, les redirections 301 restent la base, et Google ajoute un outil dédié dans Search Console : le changement d’adresse.
Google indique qu’il ne sert que pour passer d’un domaine ou sous-domaine à un autre, par exemple de exemple.com vers exemple.net, pas pour un passage en HTTPS ni pour un changement d’adresses sur le même domaine. Les conditions : être propriétaire vérifié des deux sites dans Search Console avec le même compte Google, et avoir posé les 301 avant. Google précise que le traitement dure 180 jours, et demande de garder les redirections au moins 180 jours, plus longtemps si les anciennes adresses reçoivent encore du trafic.
Notre avis : un changement de domaine se décide pour une raison de marque, jamais pour « repartir de zéro » en SEO.
Vérifier après la mise en ligne
La mise en ligne n’est pas la fin du travail. Les semaines qui suivent servent à vérifier que les redirections répondent et que Google bascule bien d’un jeu d’adresses à l’autre.
Le jour même, testez un échantillon d’anciennes adresses, dont les plus visitées : chacune doit renvoyer un code 301 en un seul saut vers la bonne page. Puis soumettez le nouveau sitemap dans Search Console.
Ensuite, le rapport d’indexation de Search Console doit montrer les anciennes adresses qui sortent et les nouvelles qui entrent. Les lignes « introuvable » et « soft 404 » signalent les oublis du plan. Si vous découvrez l’outil à cette occasion, notre guide Search Console pour débutants décrit ces rapports.
Enfin, Google demande de garder les redirections le plus longtemps possible, au moins un an. Beaucoup de prestataires les retirent lors d’un changement de serveur ou d’un nettoyage. Notez-le dans le contrat de maintenance.
Ce que fait l’agence Resolve
Nous traitons le plan de redirection comme un livrable de la refonte, au même titre que les maquettes. Nous construisons le tableau de correspondance avec vous, car vous seul savez quelle page remplace quelle prestation, et nous testons chaque ligne avant la mise en ligne.
Si votre site a déjà été refondu et que vous avez remarqué une baisse, le diagnostic gratuit de votre site repère les anciennes adresses en erreur et les chaînes de redirections : c’est souvent là que le trafic s’est perdu.
Questions fréquentes
Une redirection 301 fait-elle perdre du classement ?
Non, pas en elle-même. Google explique que la redirection permanente sert de signal pour transférer la page de référence vers la nouvelle adresse. La perte vient des pages oubliées, des redirections vers une page sans rapport et des chaînes trop longues.
Combien de temps faut-il garder les redirections ?
Google demande de les garder le plus longtemps possible, au moins un an. Pour un changement de domaine avec l’outil dédié, Google indique un minimum de 180 jours. Dans la pratique, nous conseillons de ne jamais les retirer.
Faut-il rediriger les pages supprimées vers l’accueil ?
Non. Google indique qu’une masse d’anciennes adresses renvoyées vers une seule page sans rapport est traitée comme une page introuvable déguisée. Une page sans équivalent doit renvoyer une vraie erreur 404, avec une page d’erreur qui propose le menu et une recherche.